DUO CAPPOZZO
Le Duo Cappozzo réunit Jean-Luc Cappozzo, trompettiste incontournable de la scène improvisée européenne et internationale (qu’on retrouve régulièrement auprès de Joëlle Léandre, Le Globe Unity Orchestra, Sophia Domancich,…), et sa fille Cécile Cappozzo qui a débuté le piano dès son plus jeune âge et qui mène de front une activité de danseuse flamenca et de pianiste.
Ils se retrouvent autour de compositions de Cécile, de thèmes de Charles Mingus et de Mal Waldron, programme qui fait l’objet de la sortie d’un disque intitulé « Soul Eyes » (Fou Records).
Un instant musical de partage entre père et fille, où les standards et l’improvisation libre se mêlent et donnent à entendre de douces mélodies, au sein d’un joyeux vacarme…

DUO CAPPOZZO
Le Duo Cappozzo réunit Jean-Luc Cappozzo, trompettiste incontournable de la scène improvisée européenne et internationale (qu’on retrouve régulièrement auprès de Joëlle Léandre, Le Globe Unity Orchestra, Sophia Domancich,…), et sa fille Cécile Cappozzo qui a débuté le piano dès son plus jeune âge et qui mène de front une activité de danseuse flamenca et de pianiste.
Ils se retrouvent autour de compositions de Cécile, de thèmes de Charles Mingus et de Mal Waldron, programme qui fait l’objet de la sortie d’un disque intitulé « Soul Eyes » (Fou Records).
Un instant musical de partage entre père et fille, où les standards et l’improvisation libre se mêlent et donnent à entendre de douces mélodies, au sein d’un joyeux vacarme…
©Rémi Angéli

©Eric d’Hérouville
Cappozzi !
Nous avons tous en mémoire (du moins, peut-on le souhaiter…) le sidérant Weather Bird enregistré en 1928 par Louis Armstrong et Earl Hines, ces deux minutes quarante-trois secondes de grand art et de suprême liberté musicale qui faisaient se rejoindre dans une subtile jouissance les diversités multiples de la mise en forme stylistique et les diversités sans fin des modes que revêt parfois, inopinément, la rencontre avec l’autre. Lumineuse préfiguration de quelques singuliers duos piano/trompette sans rythmique qui illuminent l’histoire plus récente du jazz : Oscar Peterson avec Dizzy Gillespie, Roy Eldridge, Clark Terry, Jon Faddis, Harry Edison ; Paul Bley avec Chet Baker et Kenny Wheeler ; Stefano Bollani avec Enrico Rava ; Martial Solal avec Dave Douglas ; Uri Caine avec Paolo Fresu ; Ran Blake avec Enrico Rava ; John Taylor avec Kenny Wheeler ; Satoko Fujii avec Natsuki Tamura…
Écueils et tensions pourraient, presque inévitablement, surgir de cette formule orchestrale minimaliste peu fréquentée : tentation de l’éclat, de l’exhibition, de la luxuriance des effets, de la surponctuation rythmique ou de la profusion hyperbolique des traits mélodiques pour combler la crainte des « vides » possibles. Cécile et Jean-Luc Cappozzo évitent aisément les ornières avec le maximum de lucidité et de rigueur qui sont le fait même de la maîtrise, jusque et y compris dans l’état d’insécurité permanente et l’énergie tumultueuse où se situe leur dialogue, continûment propice aux mouvements aléatoires des références mémorielles, comme si rien ne se trouvait qui n’ait été d’abord et longtemps cherché – Charles Mingus et Mal Waldron, forcément – la fille pianiste et le père trompettiste cheminant toujours en quête d’une origine, sur une voie exigeante (respect du texte et nécessaire distanciation), obstinément assujettie au doute et à la recherche d’une parole musicale renouvelée.
C’est qu’il s’agit dans cet exercice audacieux de parler à haute voix, avec l’intensité affirmée du ton d’où l’humour discret, retenu, n’est cependant jamais exclu : sans marque d’histrionisme ni flot d’éloquence, mais avec une radieuse énergie, une nonchalance féconde, une tranquillité furieuse que l’attrait du silence paraît hanter. Ruptures d’équilibre, discordances abruptes abondent telles des figures de hasard et des manières de traces enrichissant un discours musical d’une élasticité accueillante aux dynamiques mélangées, un message sonore croisé éminemment complice quand les Cappozzi jouent ici non seulement grâce à leurs qualités intrinsèques de musiciens mais parce que, ensemble, ils témoignent comme père et fille de ce qu’ils ont vécu et vivent ensemble. « Redevenir cet enfant pour qui le jeu était une affaire sérieuse jusque dans les moments de vacuité où il gémissait de ne savoir plus à quoi jouer », a écrit Louis-René des Forêts, écrivain rare, inoubliable (lui aussi), qui disait encore que « la musique est le lieu où la pensée respire ».
Bernard Aimé
Cappozzi ! Nous avons tous en mémoire (du moins, peut-on le souhaiter…
Nous avons tous en mémoire (du moins, peut-on le souhaiter…) le sidérant Weather Bird enregistré en 1928 par Louis Armstrong et Earl Hines, ces deux minutes quarante-trois secondes de grand art et de suprême liberté musicale qui faisaient se rejoindre dans une subtile jouissance les diversités multiples de la mise en forme stylistique et les diversités sans fin des modes que revêt parfois, inopinément, la rencontre avec l’autre. Lumineuse préfiguration de quelques singuliers duos piano/trompette sans rythmique qui illuminent l’histoire plus récente du jazz : Oscar Peterson avec Dizzy Gillespie, Roy Eldridge, Clark Terry, Jon Faddis, Harry Edison ; Paul Bley avec Chet Baker et Kenny Wheeler ; Stefano Bollani avec Enrico Rava ; Martial Solal avec Dave Douglas ; Uri Caine avec Paolo Fresu ; Ran Blake avec Enrico Rava ; John Taylor avec Kenny Wheeler ; Satoko Fujii avec Natsuki Tamura…
Écueils et tensions pourraient, presque inévitablement, surgir de cette formule orchestrale minimaliste peu fréquentée : tentation de l’éclat, de l’exhibition, de la luxuriance des effets, de la surponctuation rythmique ou de la profusion hyperbolique des traits mélodiques pour combler la crainte des « vides » possibles. Cécile et Jean-Luc Cappozzo évitent aisément les ornières avec le maximum de lucidité et de rigueur qui sont le fait même de la maîtrise, jusque et y compris dans l’état d’insécurité permanente et l’énergie tumultueuse où se situe leur dialogue, continûment propice aux mouvements aléatoires des références mémorielles, comme si rien ne se trouvait qui n’ait été d’abord et longtemps cherché – Charles Mingus et Mal Waldron, forcément – la fille pianiste et le père trompettiste cheminant toujours en quête d’une origine, sur une voie exigeante (respect du texte et nécessaire distanciation), obstinément assujettie au doute et à la recherche d’une parole musicale renouvelée.
C’est qu’il s’agit dans cet exercice audacieux de parler à haute voix, avec l’intensité affirmée du ton d’où l’humour discret, retenu, n’est cependant jamais exclu : sans marque d’histrionisme ni flot d’éloquence, mais avec une radieuse énergie, une nonchalance féconde, une tranquillité furieuse que l’attrait du silence paraît hanter. Ruptures d’équilibre, discordances abruptes abondent telles des figures de hasard et des manières de traces enrichissant un discours musical d’une élasticité accueillante aux dynamiques mélangées, un message sonore croisé éminemment complice quand les Cappozzi jouent ici non seulement grâce à leurs qualités intrinsèques de musiciens mais parce que, ensemble, ils témoignent comme père et fille de ce qu’ils ont vécu et vivent ensemble. « Redevenir cet enfant pour qui le jeu était une affaire sérieuse jusque dans les moments de vacuité où il gémissait de ne savoir plus à quoi jouer », a écrit Louis-René des Forêts, écrivain rare, inoubliable (lui aussi), qui disait encore que « la musique est le lieu où la pensée respire ».
Bernard Aimé

« Un Cappozzo proprement magistral. Une Cappozzo qui ne lâche rien, qui colle à la roue, qui plante ses banderilles avec science. Deux chatons qui jouent avec une même pelote, qui se la disputent, qui se la renvoient.
Une merveille d’intelligence du cœur. »
Guy Sitruk